Lancement de notre série : Petite histoire des littératures africaines
On dit littératures africaines comme on dirait littératures européennes, c’est-à-dire en sachant très bien que le mot ne tient pas, que le continent déborde, que les langues se multiplient, que les histoires divergent. Et pourtant on le dit. Parce que l’histoire a fait ça : elle a regroupé des peuples sous un même mot, d’abord pour mieux les dominer, ensuite pour qu’ils puissent se retrouver, se reconnaître, se répondre.
Cette série ne prétend pas tout embrasser. Elle s’appelle petite histoire pour une raison. Non par fausse modestie, mais parce qu’une grande histoire, ici, serait un mensonge. Les littératures africaines ne se résument pas. Elles ne se laissent pas mettre en ordre.
Ce que nous voulons faire, c’est rouvrir des fenêtres. Rappeler que ces textes ont une épaisseur, une généalogie, des filiations et des ruptures. Que la Négritude ne naît pas de nulle part. Que les romancières sénégalaises des années 1970 n’ont pas émergé, elles ont forcé une porte. Que la question de savoir en quelle langue écrire n’est pas une question stylistique : c’est une question politique.
Chaque épisode prendra une période, un tournant, une voix. Pas pour les figer, pour les remettre en mouvement. Parce que lire ces littératures sans leur histoire, c’est entendre une phrase sans savoir ce qui l’a rendue nécessaire.
Les littératures africaines ne sont pas un patrimoine à conserver. Ce sont des feux encore allumés.


